L’état du monde dépend de l’état de conscience des humains

Les mécanismes qui régulent les écosystèmes de notre biosphère et assurent le renouvellement du vivant sont en train de se rompre. La démesure de l’activité humaine sociale, économique et humaine en est la cause. Nous affectons notre environnement, nous l’impactons et le colorons. Tous les peuples de la terre, les multitudes d’individus qui les constituent, chacun parmi eux a un impact sur l’univers.

Un homme contemplant le ciel étoilé
Quelle est ma conscience lorsque je regarde l’univers qui m’entoure. Quelle est ma relation avec cet univers ? – Crédit photo – @greg.rakozy

Avec les études récemment menées sur le changement climatique, tout nous montre que l’être humain est au centre de la crise environnementale actuelle et que nous sommes les témoins de changements irréversibles et destructeurs.
Comment avons-nous pu créer avec notre maison, la terre, une relation si insensée que nous la dégradions, sans rien vraiment tenter de suffisant pour rééquilibrer l’environnement ? L’IPCC*, dans ses études sur le changement climatique, montre l’effet de nos sociétés humaines sur l’environnement pour ce qui est de la biodiversité et du changement climatique. Les décisions des gouvernements ne sont pourtant pas assez rapides ni robustes pour parer à l’état actuel des choses.
Pour cela ne faudrait-il pas tout d’abord recréer une relation saine avec le monde qui nous entoure, la terre, les ressources naturelles? Comment tirer la sonnette d’alarme pour que nous nous éveillions et changions notre style de vie, notre relation et notre conscience ?

L’état du monde est notre création

La situation actuelle n’est pas juste la responsabilité des industriels et des politiciens, c’est la responsabilité historique et présente de chacun de ceux qui ont contribué à cette situation. C’est notre « création », c’est le résultat de la relation et de la conscience que nous avons tous. C’est aussi pour cela que c’est notre responsabilité globale et individuelle : l’humanité devra y faire face dans son ensemble.
La relation que nous entretenons avec le monde vient du plus profond de nous. Cette relation dépend de notre passé, notre histoire, notre conditionnement, nos cultures, nos religions, notre compréhension, notre état d’esprit, nos intentions et toutes nos qualités de cœur. La relation que nous entretenons avec le monde dépend aussi de la relation que nous avons avec nous-même.
Comprendre que le matérialisme, l’égoïsme et l’avidité sont à l’origine de notre situation écologique est aisé. Mais lorsque l’on cherche des solutions, on se rend compte de l’impuissance des gouvernements, mais aussi de l’individu face à la crise collective. Peut-on interdire l’avidité, l’irresponsabilité et l’égoïsme ? Sous peine de quoi ? Cela fait sourire, n’est-ce-pas ?

Comment contribuer à un futur durable ?

On peut constater que les états ne sont pas très pressés de mettre en action ce à quoi ils se sont pourtant engagés. Pourquoi ? Un gouvernement est composé d’individus qui sont affectés et influencés par leur propre formatage, leurs peurs, leur vision ou leur manque de vision du futur. En travaillant dans le cadre des COPs nous avons découvert combien les négociateurs et les scientifiques du climat sont affectés par leur propre angoisse vis-à-vis du futur.
Beaucoup se demandent comment ils pourraient contribuer à une transition vers un futur plus durable et amical vis-à-vis de notre planète. On ne peut leur dire ce qu’ils doivent ou pourraient faire. Il faut les aider à réfléchir et chercher ce qu’ils pourraient faire concrètement dans leurs vies pour réduire leurs consommation et s’adapter aux besoins de notre écologie.
Il s’agit donc plutôt de permettre la prise de conscience, motiver et inspirer à prendre de bonnes décisions pour les êtres humains et la nature.

Changer de relation avec la matière

Ce n’est pas parce que l’on sait qu’il faut changer ou créer de nouvelles habitudes que l’on sait comment. Par le passé, le bio-centrisme et l’ethnocentrisme ont été les deux faces d’un même problème. Or il convient de trouver un équilibre qui serait la conséquence d’un repositionnement de l’être par rapport à lui-même, à son environnement, intérieur, familial, social et écologique.
Même si l’on sait que la relation avec sa mère ou son enfant doit changer, ce n’est pas pour autant que l’on sait comment créer et maintenir ces nouvelles relations plus tolérantes ou respectueuses. Il n’y a pas de baguette magique pour que les relations humaines deviennent bonnes.
Il en va de même avec la nature : créer de bonnes relations demande des efforts et un travail réel sur soi-même. La prise de conscience seule ne suffit pas.
La relation des indiens d’Amérique latine avec la Pacha Mama, par exemple, n’est pas celle d’une mère avec laquelle ils seraient en guerre, mais d’une relation nourrie par la compréhension que la terre mère est une entité généreuse et emplie d’amour qui pourvoit corps, vie, air, nourriture et eau à tous ses enfants.
Une telle conscience, reconnaissance et gratitude est nécessaire pour recréer une relation saine. Selon les cultures ou traditions, on peut parler de bio-mimétisme, de durabilité, de servir les éléments, de voir la nature comme un compagnon qui nous donne et à qui nous donnons aussi.
Cela réclame donc un changement de paradigme : être capable de redéfinir notre position dans le monde, notre rôle, note façon de penser l’économie.
L’être humain doit se recentrer en se demandant « qui suis-je ? », en se donnant la latitude de se relier à son potentiel et, depuis cette richesse intérieure, à ce qui l’entoure.
Il est alors capable de communion, de sobriété ou même d’ascétisme si il le juge nécessaire, car, quand on aime, on peut tout abandonner, comme tout offrir.

Valériane Bernard
Représentante des Brahma Kumaris auprès de l’ONU à Genève

* Intergovernmental Panel on Climate Change : Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat.